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ÉpidémiologieLes cancers coliques ont une fréquence élevée en France : chaque jour, 100 personnes apprennent qu'elles ont un cancer colorectal. Plus exactement, on découvre 33 000 nouveaux cas par an, et 16 000 personnes en meurent (données Francim, 1995). Chez les non-fumeurs, ils sont la première cause de mortalité par cancer. Les hommes sont un peu plus touchés que les femmes (taux d'incidence de 40 et 27 pour cent-mille, respectivement, données CIRC 2002). En Afrique et en Asie, il y a beaucoup moins de cancers colorectaux qu'en Europe du Nord ou aux États-Unis (jusque 20 fois moins). De plus, les émigrants qui quittent un pays pauvre pour un pays où le risque est important, voient leur taux de cancer colorectal augmenter dans les 10-20 ans qui suivent leur migration. Ces faits suggèrent que le mode de vie, alimentation et efforts physiques, joue un rôle important sur le risque de cancer. Ceci conduit à penser qu'une prévention efficace est possible (voir bas de page).
Un cancer colorectal ne donne pas forcément des signes. C'est pourquoi, après cinquante ans, on recommande des tests de détection
Les symptômes sont souvent moins spécifiques, par exemple :
Chez ceux qui ont un risque élevé d'avoir un cancer colorectal, en raison de leur age, de leur famille, ou de maladie inflammatoire (voir Épidémiologie ci-dessus), on recommande un examen périodique du côlon. En effet, le cancer met des années à se développer. Si on le détecte assez tôt, on peut l'enlever à temps, ce qui annule presque complètement le risque. Voici ces examens :
Comme il vient d'être expliqué, quels que soient le symptôme ou l'examen ayant suggéré la présence d'un cancer colorectal, on doit le confirmer par une colonoscopie complète du gros instestin. Elle permet d'examiner complètement la muqueuse de l'anus jusqu'à la jonction iléo-colique, au niveau du cæcum et de l'appendice, et de faire des prélèvements. Lors de la colonoscopie, le gastro-entérologue va faire des prélèvements (biopsie, polype) qui seront ensuite examinés au laboratoire d'histologie. Le tissus est inclus dans un bloc de paraffine pour faire des coupes fines de quelques micromètres. Après coloration, ces coupes sont examinées au microscope par un médecin spécialisé en anatomo-pathologie (ou histologie). Cet examen permet de classer le prélèvement suivant la forme de la tumeur et le type des cellules. On trouve le plus souvent dans l'intestin des adénomes (= polypes adénomateux). Considéré comme bénin, le polype risque d'évoluer vers un cancer si on le laisse en place, s'il est gros (plus d'un centimètre de diamètre), et/ou s'il est villeux (=avec des villosités). Les petits polypes, et les polypes tubulaires, présentent moins de risques. On trouve aussi des polypes hyperplasiques, considérés comme pratiquement sans risque. Enfin on trouve dans les colons des adénocarcinomes, qui sont les véritables cancers, dont les cellules dysplasiques franchissent la lamina propria. Ce permier stade de l'invasion conduit aux métastases, hépatiques le plus souvent, qui provoquent la mort plus fréquemment que la tumeur initiale. Les médecins ont mis en place des systémes normalisés indiquant la gravité d'une tumeur. Après la classification de Duke (A, B, C et D), on est passé au système TNM (pour Tumeur, Noeud lymphatique, Metastase) et les groupes AJCC. Voir le détail de ces classifications sur la Wikipedia anglaise colorectal cancer Quand le cancer est détecté à un stade précoce, on le guérit (90 % de guérisons pour les stades Duke A). Si le cancer est découvert tardivement, les chances de guérison sont beaucoup plus faibles (moins de 5 % de guérison au stade Duke D). Le premier traitement est la chirurgie, qui permet d'enlever la tumeur. On y associe éventuellement des traitements adjuvants, radiothérapie ou chimiothérapie, pour tuer les cellules cancéreuses qui auraient échappé à l'exerèse chirurgicale, ou qui seraient restées dans des métastases. Enlever la tumeur est le moyen le plus rapide et le plus efficace d'éliminer le cancer. Cependant, si la tumeur a déjà envoyé des métastases loin du côlon, l'exerèse chirurgicale ne suffit pas à guérir le malade. Il existe des états précancéreux (dysplasie) qui peuvent être traités par voie endoscopique. Tous les cancers vrais nécessitent une résection chirurgicale s'ils ne sont pas métastiques. Pour les cancers métastatiques la résection chirurgicale est discutée. Quand le cancer est très localisé, on peut l'enlever comme on enlève un polype, au cours d'une colonoscopie : on doit vérifier à l'histologie que le prélèvement renferme toutes les cellules dysplasiques. Si le cancer est plus étendu, on doit faire une résection d'une portion de côlon. Le geste de résection consiste à réaliser une exérèse du côlon et de tout son environnement cellulo-lymphatique de voisinage. Cela nécessite une ligature des vaisseaux le plus près possible des gros vaisseaux abdominaux et donc une résection souvent large d'intestin. Cette chirurgie digestive est délicate car l'intestin héberge un très grand nombre de bactéries, et d'autre part la motricité intestinale ne se rétablit pas facilement. L'opération conduit donc parfois à des complications : infection, abcès, ou obstruction intestinale. Si des métastases atteignent les nœuds lymphatiques, on peut les enlever. Mais si les métastases atteignent le foie, les enlever n'est pas possible, et l'on doit tenter de les éliminer par chimiothérapie. De plus en plus de protocoles associent chirurgie et chimiothérapie dans le traitement des métastases hépatiques (localisations secondaires les plus fréquentes du cancer du côlon). En particulier: chirurgie en un temps du cancer colique et des métastases hépatiques puis chimiothérapie, ou chimiothérapie de réduction tumorale pour rendre les métastases accessibles à la chirurgie puis chirurgie colique et hépatique. L'attitude concernant les métastases pulmonaires est moins tranchée et certains préconisent des résections lorsqu'elles peuvent être complètes (à l'imitation de la prise en charge des métastases hépatiques) tandis que d'autres proposent une chimiothérapie d'emblée. La chimiothérapie consiste à administrer au malade un médicament, en général une substance cytotoxique destinée à tuer les cellules cancéreuses. Ce traitement, quand il est efficace, peut éliminer les métastases ou empêcher leur apparition, et/ou rétrécir les tumeurs ou ralentir leur croissance. La chimiothérapie est généralement un traitement adjuvant, effectué en plus de l'opération chirurgicale pour augmenter les chances de succès. Parfois aussi le traitement est palliatif, quand la chirurgie est impossible, ou permet de diminuer la taille de la tumeur avant l'opération (néo-adjuvant). Les drogues les plus utilisées sont :
On irradie parfois la tumeur pour tuer les cellules cancéreuses, avant ou après opération chirurgicale. La radiothérapie peut être associée à une chimiothérapie, qui sensibilise la tumeur à l'effet létal des rayons. Prévention du cancer colorectal La majorité des cancers du colon et du rectum pourraient être évités, par une surveillance accrue, un mode de vie approprié, et, probablement aussi, la prise orale de produits de chimioprévention.
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